Vous avez peut-être vu passer l'information : des « studios d'échographie plaisir » ont fermé, et l'un d'eux a été condamné par la justice. Beaucoup de futurs parents en concluent que voir leur bébé en 3D/4D est devenu interdit. C'est faux — mais le cadre a profondément changé. Voici ce qu'il faut savoir avant de réserver.
Ce que dit la loi
Le texte qui régit la question est le décret n° 2017-91 du 26 janvier 2017, et sa formulation ne laisse aucune marge d'interprétation :
« L'utilisation d'échographes pour de l'imagerie fœtale humaine par des personnes n'exerçant pas la profession de médecin ou de sage-femme est interdite. »
Autrement dit : ce n'est pas la machine qui fait la légalité, ni même la compétence technique — c'est le titre professionnel de la personne qui tient la sonde.
La décision de justice qui a tout changé
Pendant des années, des studios commerciaux sans personnel soignant ont continué d'exercer malgré ce décret. Le 2 juin 2025, le tribunal judiciaire de Dunkerque a mis fin à cette tolérance en condamnant une entrepreneuse qui proposait des séances 3D/4D souvenir.
Le détail le plus parlant de cette affaire : la personne concernée était ancienne manipulatrice en électroradiologie médicale. Une professionnelle de l'imagerie, formée, techniquement capable de manier un échographe — mais ni médecin, ni sage-femme. Cela n'a pas suffi. Deux infractions ont été retenues : exercice illégal de la profession de médecin et de sage-femme, et utilisation non autorisée d'un échographe. La peine prononcée est une amende de 3 500 euros avec sursis.
Une précision honnête s'impose : il s'agit d'un jugement de première instance, pas d'un arrêt de la Cour de cassation. Ce qui est ferme et s'applique partout en France, c'est le décret de 2017 ; cette décision en est la première application médiatisée.
Pourquoi la loi est aussi stricte
Trois raisons se cumulent, et elles ne sont pas administratives :
- Le risque pour le bébé. Une séance souvenir implique une exposition prolongée et ciblée sur le visage — donc sur le cerveau et les yeux — sans justification médicale. Un soignant sait régler la puissance et limiter la durée. C'est une compétence, pas une formalité.
- L'absence de finalité médicale. L'échographie est un acte de soin. L'utiliser sans intention de dépister ni de soigner fait courir un risque sans contrepartie.
- L'éthique. Transformer un acte médical en prestation purement commerciale heurte les principes de la déontologie médicale.
Ce qui reste parfaitement possible
La rencontre avec votre bébé en 3D/4D n'est pas interdite. Elle est encadrée : la séance doit être réalisée par un professionnel de santé.
- Les sages-femmes peuvent proposer des séances d'imagerie de bien-être, souvent dans une approche d'accompagnement global de la grossesse.
- Les médecins échographistes et certains cabinets d'imagerie consacrent des créneaux dédiés, en marge de leur activité de suivi.
- Certaines maternités proposent ce service à travers leurs équipes.
C'est exactement le critère d'admission d'instant4D : nous ne référençons que des centres où un médecin ou une sage-femme est identifiable.
Ce que vous gagnez à respecter ce cadre
L'Académie de médecine et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français rappellent depuis des années qu'une exposition prolongée aux ultrasons, sans indication, n'est pas un geste anodin — en particulier au premier trimestre.
Mais il y a un bénéfice moins évident, et il compte : un professionnel de santé sait reconnaître une image qui mérite un avis médical. Il saura vous orienter sans vous alarmer à tort, et passer la main à l'équipe qui suit votre grossesse. Un opérateur non formé ne sait faire ni l'un ni l'autre.
Une séance chez un médecin ou une sage-femme, c'est l'émotion plus la compétence. Vous ne perdez rien, vous gagnez un regard formé.
Comment vérifier qu'un centre est en règle
Trois réflexes simples avant de réserver :
- Le site ou la fiche du centre mentionne nommément un médecin ou une sage-femme.
- On vous précise que la séance ne remplace pas les échographies de suivi — un centre sérieux le dit toujours.
- Aucune promesse de « diagnostic » : une séance de bien-être n'en est pas un, et un centre qui entretient la confusion est à fuir.
Sur instant4D, cette vérification est déjà faite : chaque fiche indique le cadre d'exercice et la date de notre dernier contrôle.
Et les trois échographies « officielles » ?
Rien ne change : le suivi de grossesse comprend trois échographies médicales prescrites (autour de 12, 22 et 32 semaines d'aménorrhée), remboursées par l'Assurance maladie. La séance 3D/4D de bien-être est un complément émotionnel, jamais un substitut — et elle n'est pas remboursée.
En résumé
- Interdit : les séances pratiquées par des personnes qui ne sont ni médecins ni sages-femmes.
- Autorisé : les séances de bien-être réalisées par un professionnel de santé.
- Inchangé : vos trois échographies de suivi, qui restent la priorité.
Pour trouver un centre en règle près de chez vous, commencez par votre ville — par exemple notre guide de Lyon.
Nos sources
Cet article présente une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Il s'appuie sur le décret n° 2017-91 du 26 janvier 2017, ainsi que sur :
- MACSF — Échographies « plaisir » : la fin d'une pratique contestée
- Profession Sage-Femme — Une pratique désormais illégale
- Haute Autorité de santé — Échographies fœtales à visée médicale et non médicale
Dernière vérification des sources : 14 août 2026.